Votre IRM parle d’une « rupture partielle » du ligament croisé antérieur (LCA) ? C’est une situation fréquente, et souvent source d’inquiétude. La réponse à la question « faut-il opérer ? » ne dépend pas seulement de l’IRM, mais surtout de la stabilité de votre genou : est-il instable au quotidien ou au sport, et sa laxité est-elle nettement augmentée ?
Qu’est-ce qu’une rupture partielle du LCA ?
Le ligament croisé antérieur est formé de plusieurs faisceaux de fibres. Dans une rupture partielle, une partie de ces fibres est déchirée, mais le ligament reste en partie en continuité. Selon la quantité de fibres restantes, le genou peut rester stable… ou se comporter presque comme après une rupture complète.
Pourquoi l’IRM ne suffit pas à décider
L’IRM montre l’aspect du ligament, mais pas sa solidité réelle. Un ligament décrit comme « partiellement rompu » peut ne plus jouer son rôle de frein ; à l’inverse, un aspect impressionnant à l’IRM peut correspondre à un genou cliniquement stable. Voir notre article : IRM et ligament croisé antérieur.
La décision repose donc sur deux éléments complémentaires :
- L’examen clinique par un chirurgien spécialisé : test de Lachman, ressaut rotatoire, et surtout vos symptômes. Le genou se dérobe-t-il ? Avez-vous une sensation d’instabilité ?
- La mesure de la laxité, qui chiffre le déplacement du tibia par rapport au fémur et le compare au genou sain : le GNRB, un appareil qui mesure ce déplacement avec précision, ou le Telos, des radiographies réalisées pendant qu’une force contrôlée est appliquée sur le genou.

Quand l’opération est-elle proposée ?

Une reconstruction du LCA est proposée lorsque :
- le genou est instable : c’est le critère principal. Des dérobements répétés exposent le ménisque et le cartilage, comme après une rupture complète. Voir : Rupture du LCA et lésion du ménisque ;
- la laxité mesurée est nettement augmentée au GNRB ou au Telos par rapport à l’autre genou, signe que le ligament restant ne remplit plus son rôle.
Dans ce cas, la prise en charge rejoint celle d’une rupture complète : genou préparé par la rééducation, puis opération au bon moment. Voir : Rupture du LCA : quand se faire opérer ?.
Et si le genou est stable ?
Si le genou est stable et que la laxité est peu augmentée, nous commençons par la rééducation : renforcement musculaire, travail de l’équilibre et du contrôle du genou (proprioception).
Nous revoyons ensuite le patient à 3 mois, avec un nouvel examen clinique et un Telos :
- si l’examen est normal, la reprise progressive des activités est possible, avec une surveillance ;
- si une instabilité apparaît lors du sport, notamment lors des sports à pivot (football, ski, basket, handball, sports de combat…), nous nous revoyons pour discuter d’une reconstruction.
Questions fréquentes
Une rupture partielle peut-elle cicatriser seule ?
Le ligament ne retrouve pas sa structure d’origine, mais de nombreux genoux restent stables et fonctionnels grâce à la rééducation. C’est tout l’intérêt de la réévaluation à 3 mois.
Une rupture partielle peut-elle devenir complète ?
Oui, notamment lors d’un nouveau traumatisme ou d’une reprise trop précoce des sports à pivot. D’où l’importance de reprendre progressivement, après validation par le chirurgien.
Faut-il toujours opérer une rupture du LCA ?
Non, même pour une rupture complète. Voir notre article : Faut-il toujours opérer une rupture du LCA ?
Un avis sur votre genou ?
Votre IRM montre une rupture partielle du LCA ? Les chirurgiens de l’ICSA Paris Nord vous reçoivent à Saint-Ouen, Paris 19e et Les Lilas pour un examen clinique et, si besoin, une mesure de la laxité. Prendre rendez-vous sur Doctolib


